31/05/2014

[EP] Sulphat'Kétamine : "Wild Runk !"

Artiste : Sulphat'Kétamine
EP : Wild Runk
Sortie : 2013
Genres : Rock Psychédélique, Blues, Runk
Label : Autoproduction
♥♥♥
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Non, le Runk n'est pas mort. Et avec cet EP, on pourrait même dire qu'il renaît.

Rares sont les groupes n'ayant pas essuyé les galères de changements de line-up pendant leurs carrières. Certains ont pourtant de la chance, conservant de leurs débuts, jusqu'à leur fin, les mêmes musiciens au sein de leur formation. Pour d'autres, la séparation ou l'évincement d'un des membres n'est pas chose facile à vivre, notamment à cause de raisons tragiques parfois. La liste est longue mais on notera le destin funeste de Lynn Strait, de chez Snot, ou encore le coma puis la mort de Chi Cheng, batteur de Deftones. Dans d'autres cas, c'est la vie et ses objectifs qui viennent parfois à bout d'une formation, comme Dead Sailor, contraint à la séparation pour ces raisons. Pour Sulphat'Kétamine, se séparer de Doug, premier bassiste, aurait pu mettre un terme aux péripéties du groupe originaire de Toulon et désormais établi à Lyon. Heureusement pour eux, l'arrivée de deux nouvelles recrues aura eu l'effet inverse : la survie de Sulphat'Kétamine mais aussi un nouveau départ avec en prime une voix féminine.

Voici donc un nouvel EP en boîte pour la bande d'Alexis et Clément, respectivement guitariste et batteur. Quatre titres dont deux réenregistrés avec leurs nouveaux compagnons de route, à savoir l'imparable "Original", morceau emblématique de l'esprit Runk, et "Kevin Schwantz" qui a lui aussi bien roulé sa bosse. Les deux autres titres sont tout bonnement nouveaux et apportent leur lot de fraîcheur. Mais si on considère déjà le fait qu'Alexis ait renoncé volontiers à son statut de chanteur pour laisser la place à une Rita dont la voix est plus que chaleureuse, on admet facilement que cet EP est neuf, de bout en bout, "Original" et "Kevin Schwantz" s'offrant une nouvelle jeunesse (voir un Live complet du groupe avec le nouveau line-up).

Enfin, pour couronner le tout (sans vouloir trop faire l'éloge d'un groupe que j'apprécie autant musicalement qu'humainement), il faut bien admettre que les enregistrements sont de qualité, la voix de Rita surpassant nettement les instruments sans pour autant créer un déséquilibre notable à l'écoute, et cette nouvelle dimension dans l'espace offre une impression de prestation Live, avec chanteuse sur le devant de la scène, les instruments se chargeant du reste en arrière. Le rendu est donc honnête, voire même surprenant, pour une autoproduction, retranscrivant assez bien cette musique et cet état d'esprit des 70's, une époque qui nous paraît bien loin aujourd'hui.

Un nouveau bassiste, une chanteuse qui, à l'image de cette Wonder Woman (visuel), devient l'effigie de cet EP : des nouveaux ingrédients qui viennent apporter un nouveau souffle au Runk de Sulphat'Kétamine et donc un nouveau départ. En attendant la suite.

27/05/2014

[Vidéo] Enter Shikari : comment préparer un nouvel album ?

Enter Shikari est en studio et bosse sur son quatrième album. Depuis le début de cette production, le groupe livre régulièrement des vidéos sur l'avancée de son travail. Dans cet épisode 3, on apprend que le quatuor dispose de 46 compos et doit en choisir 15 pour cette future galette. On découvre alors une façon originale de trier ce qui se fait déjà (Linkin Park, Marilyn Manson et Spliknot, par-exemple) grâce à un graphique "fait main" basé sur le rapport entre douceur/lourdeur et accessibilité/expérimentation. Ces gars-là ont quand même un peu d'humour. Rappelons que "A Flash Flood Of Colour" a été élu album de l'année par Kerrang en 2012. On attend donc pas mal de ce nouvel opus en préparation.

26/05/2014

[Album] Guano Apes : "Walking On A Thin Line"

Artiste : Guano Apes
Album : Walking On A Thin Line
Troisième Album
Sortie : 2003
Genres : Rock et Métal Alternatifs
Labels : BMG / GUN / Supersonic Records
Morceaux à écouter : Kiss The Dawn, Plastic Mouth, Sugar Skin
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

On me reprochera sans doute de me répéter un peu quand il s'agit de faire la comparaison entre des artistes ou albums, certaines mécaniques étant bien confortables à employer. Il se trouve que ça faisait quelques temps que je n'avais pas écouté Guano Apes et se farcir ce troisième album des allemands a mis en relief certains points déjà abordés lors de l'écoute de leur deuxième effort : Don't Give Me Names.

Le fait est que Guano Apes fait partie de ces groupes un peu à part malgré son appartenance à des genres plus ou moins convenus comme le Rock à fort penchant Métal, notamment grâce à une identité relativement affirmée et au charisme de Sandra Nasic. Pourtant, comme pour Incubus, la musique des allemands a un peu évolué au fil des années, passant d'un Funk Métal farouche et débridé à un Rock plus mature et pourtant toujours nerveux avec ce troisième album. Un tournant musical qui passe aussi par l'identité visuelle de l'album, à savoir ce fond noir avec pour seul rappel aux deux précédents cette minuscule chauve-souris accompagnant le nom de la formation (un pictogramme qui fait sans doute allusion au visuel de Proud Like A God).

Au programme, douze titres pour presque trois quarts d'heure de son en boîte, chose qui reste convenable quand on voit la maigreur que tendent à prendre certains albums à cette époque (le Meteora de Link Park, par-exemple). Musicalement, Guano Apes arrive une fois de plus à surprendre avec seulement trois musiciens. C'est carré, suffisamment riche pour qu'on s'y attarde et surtout d'une grande efficacité dans le travail effectué sur l'accessibilité. Sans en faire des tonnes, le groupe arrive à proposer quelque chose qui passe relativement bien pour un assez large public, à savoir un Rock pêchu qui tend à s'éloigner du Métal, où la guitare s'enrichit de quelques effets de pédale. On regrettera toutefois le fait que la plupart des titres profitent de deux lignes de six cordes, chose impossible à reproduire en Live pour un seul homme ("Dick", "Diokhan"). Pourtant, certains riffs pallient largement ce handicap grâce à une basse bien présente ("High") qui offre une ligne des plus sympathiques sur "Plastic Mouth".

Mais c'est surtout la voix de Sandra Nasic qui apporte à l'album ses variations d'un morceau à l'autre, et donc tout son réel intérêt, comme sait si bien le faire un Chino Moreno dans un autre registre. L'allemande profite d'ailleurs d'un accent pratiquement parfait qui fait largement passer l'ensemble pour quelque chose qui viendrait tout droit d'outre-Atlantique. Pratiquant à la fois un Rapcore vengeur ("You Can't Stop Me"), un chant plus léger sur la balade "Pretty In Scarlet" ou du cri avec davantage de hargne (les refrains de "Storm"), Sandra Nasic donne littéralement vie à cet album. L'ensemble est pourtant bien plus posé qu'auparavant, mettant ce Walking On A Thin Line au même niveau que Make Yourself pour Incubus dans la discographie de Guano Apes.

Un album qui derrière ses apparences convenues est agréable à écouter, riche musicalement et vocalement et sort du lot. Pas extraordinaire mais très efficace.

23/05/2014

[Cinéma] "Godzilla" de Gareth Edwards (2014)

Godzilla est sorti la semaine dernière, l'occasion de se faire une séance 3D en version française pour un film plutôt surprenant.

Attention : Cette chronique contient de nombreux spoilers et si vous n'avez pas vu le film mais projetez de le voir un jour, évitez de la lire.

Pour cette première chronique cinéma, je profite du visionnage de Godzilla il y a quelques jours pour une réaction "à chaud". Le fait est qu'en sortant de la salle, je n'aurais pu dire si j'ai aimé le film ou non. Il se trouve qu'en fin de compte, comme beaucoup de blockbusters qui sortent ces derniers temps, c'est un bon divertissement, et le problème n'est pas de chercher à savoir si le film est bon ou non (ils sont généralement "plutôt pas bons", si on reste objectif et avec un regard un tant soit peu critique et qu'on ne prend pas en compte la prouesse technique) mais plutôt d'analyser ce qui est cool, ce qui l'est moins, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas des masses.

Le teaser/trailer qui donnait des frissons.


Personnellement, je ne cours pas après ce genre de film "catastrophe" où on sait d'avance que le scénario tiendra sur un post-it mais il faut bien admettre que tout ça n'a d'intérêt que sur grand écran et avec une bonne 3D (même si on regrettera encore de ne pas pouvoir profiter de la version originale dans tous nos bons vieux cinémas pour éviter de se payer des doublages français parfois atroces). La curiosité l'a donc emporté sur la raison et le fun a largement pris le dessus sur le porte-monnaie. Et puis il faut aussi admettre que la bande-annonce mettait l'eau à la bouche, surtout au niveau sonore : quelle claque ! Le genre de truc qui fait resurgir en nous tous ces films où il est question de monstres immenses ou de phénomènes inexpliqués que l'on distingue à peine, qu'on ne comprend pas, et où on prend un plaisir malsain à voir passer à l'action toute leur capacité destructrice, dans tous les sens du terme (Jurassic Park, Cloverfield, Phénomènes, la liste est longue comme le bras). Un bande-annonce qui promettait du gros, du lourd, mais aussi un certain enjeu, une bribe de scénario qui allait définitivement faire passer le Godzilla de 1998 pour une blague, notamment grâce à l'emploi du personnage incarné par Bryan Cranston. Et c'est là que la première déception pointe le bout de son nez.

La bande-annonce qui laissait croire que Bryan Cranston serait au centre de l'intrigue.


Bryan Cranston, tout le monde le connaît bien depuis son rôle dans la série Malcolm mais il faut bien avouer que depuis Breaking Bad, l'acteur a pris un véritable cachet et ça, on ne peut pas lui enlever tant c'est mérité. Le souci pourtant, c'est qu'on nous a vendu un film (via sa bande-annonce) avec apparemment deux axes : le monstre, et le personnage de Bryan Cranston. Sauf que voilà, ce dernier n'est à l'écran que pendant le premier quart du film, laissant la vedette à Aaron Taylor-Johnson qui campe un lieutenant de l'armée spécialisé en armes de destruction massive. L'acteur, tanké comme une marmule depuis son passage à la salle de muscu pour Kick Ass 2, a un certain manque de charisme et passe littéralement pour un acteur débutant quand il s'agit de pleurnicher ou de faire passer une quelconque émotion (la scène de retrouvailles avec sa femme et son fils par-exemple, ou tout simplement lors de la mort de son père), chose que Bryan Cranston réussit à merveille (il faut dire que les cinq saisons de Breaking Bad ont un peu aidé). En clair, le premier quart du film est riche, soulève un tas de questions, profite d'un acteur qui tire l'ensemble vers le haut. Mais tout ça ne dure malheureusement pas longtemps. La faute sans doute au scénario qui change radicalement d'axe en même temps que le personnage intéressant de Cranston qui en vient à mourir.

Le trailer qui ne nous rajeunit pas !


Un scénario qui semble pourtant ne pas se fourvoyer mais surprend, tout simplement. Car le film prend une toute autre tournure à partir du moment où tous les morceaux du puzzle sont assemblés sur le pourquoi du comment le(s) monstre(s) sont là et quel est leur but. On passe du polar/thriller sur fond de complot militaire et scientifique à une sorte de documentaire animalier contemplatif. Autant dire que les enjeux ne sont pas du tout les mêmes avant l'explication des problèmes et le passage à leur résolution. Quand je dis que le scénario ne se fourvoie pas, c'est qu'il est clair que l'objectif est rempli : nous faire oublier les personnages pour mettre les monstres au premier plan. Dans ce cas, il devient très difficile de justifier des plans où on voit les personnages essayant justement de nous faire compatir à leur triste sort. Car des morts, il y en a, et pas qu'un peu ! Entre un tsunami, des immeubles qui s'effondrent dans une San Francisco à peine évacuée ou encore un Golden Gate Bridge blindé de véhicules remplis à raz bord qui se voit littéralement tronçonné en deux, on peut dire que c'est l'hécatombe côté espèce humaine ! Mais on n'y pense pas, ou alors pas vraiment, préférant se focaliser sur des bestioles gigantesques faisant passer la "chose" de Cloverfield pour un simple cafard. C'est jubilatoire et pourtant, un tantinet décevant. Car cette surenchère de plans larges où les bestioles sont bien visibles fait perdre cette magie du suggéré. Dans Cloverfield, certes on avait la nausée à cause de cette caméra qui bougeait dans tous les sens, mais le monstre foutait les boules car : 1) on ne savait pas ce que c'était ni d'où ça venait et 2) parce qu'on ne sait pas vraiment à quoi il ressemble finalement (sauf après passage au ralenti de quelques plans du film). Pourtant, ce Godzilla fourmille de belles séquences ou jolis plans ne laissant entrevoir qu'une petite partie du corps immense de la bête, mais ils ne suffisent pas à conserver cette tension de l'inconnu et du danger qu'il représente suffisamment longtemps. Non, on passe rapidement à la démonstration des capacités destructrices de ces créations de mère Nature afin de nous faire profiter de ce petit bonheur coupable de voir des combats titanesques qui font passer un Pacific Rim pour presque gentillet. C'est pourtant assumé dans le film et finalement, bien que cela m'ait un peu déçu, ça passe vraiment pas mal.

Mais revenons sur la Nature. Celle qui a engendré ces immenses animaux à grands renforts de radiations. Elle nous joue quelques petits tours sans doute insignifiants pour la plupart des spectateurs mais qui ont eu le dont de me gâcher quelques séquences du film. Tout d'abord, ce tsunami à l'approche de Godzilla sur Honolulu : la déferlante est monstrueuse et digne d'une catastrophe naturelle de grande ampleur, ce qui peut être justifié par la taille du reptile. Cela dit, je n'ai pas souvenir d'un San Francisco subissant le même type de vague à l'approche du même Godzilla. Et je ne parle pas de l'onde à la surface de l'eau à la toute fin du film qui donne l'impression que Godzilla n'est subitement plus qu'une vulgaire "petite" baleine... J'imagine qu'il n'y a que moi qui puisse faire attention à ce genre de détail. Mais même si cela permet de faire des économies sur les effets spéciaux, il y a un véritable problème avec la physique d'éléments naturels comme l'eau qui met en relief le peu d'intérêt qu'ont les réalisateurs/producteurs hollywoodiens pour une cohérence totale et réaliste. Mais je chipote, et j'en suis conscient.

Enfin, peut-on parler de ce Godzilla de 2014 sans mentionner le jet de flamme bleu que produit le monstre ? Difficile d'expliquer d'où il peut provenir mais bon sang quel pied ! La bonne petite surprise de fin de film (pas comme cette histoire d'épée dans Pacific Rim qui invoque davantage un facepalm d'incompréhension que des applaudissements de joie). Et je pense ne pas être le seul à s'être rappelé cette série animée sortie en 1998 à la suite du long métrage de la même année où Godzilla jouait un rôle de protecteur de l'Humanité contre d'autres montres de même type que les MUTO (voir ci-dessous). Une jubilation toute particulière pendant le film lorsqu'on comprend que Godzilla n'en a finalement pas grand chose à faire de tous les humains qui fourmillent à ses pieds, comme si le réalisateur avait voulu faire un clin d’œil à ce côté "prédateur naturel" mais relativement inoffensif pour l'espèce humaine (au même titre que les requins ou lions) avec le côté documentaire animalier du film. On imagine aisément un lion coursant un gnou, les deux animaux piétinant les fourmis à leurs pieds sur le sol. Vous visualisez ? Imaginez alors que les fourmis, c'est nous, pauvres humains minuscules.

Vous vous souvenez de cette série animée ?



La boucle est donc bouclée et bien que j'aie personnellement été un peu déçu sur divers points, le film tient la route dans son ensemble. Après, difficile de dire si il passe mieux qu'un Pacific Rim (ce dernier comportant bien plus d'incohérences à mon sens) et je laisse donc les fans de ce genre de productions directement inspirées de la culture nippone en décider. Quoiqu'il en soit, le mythe est respecté et apporte son lot de nouveautés, notamment sur le côté massif de la bête qui ressemble d'avantage à un énorme crocodile qu'à un tyrannosaure mais aussi sur le fait que l'action se déroule sur la côte Ouest des Etats-Unis et pas dans l'habituelle New-York, cette localisation géographique étant habillement justifiée par le scénario.

Pas un "bon film", mais un bon blockbuster, je le reconnais sans aucun problème. Cela dit, une question me taraude l'esprit : après avoir terrassé deux MUTO et s'être battu de la sorte, après avoir voyagé des milliers de kilomètres à travers l'océan Pacifique, et donc après avoir brûlé des centaines de milliers (millions ?) de calories, de quoi va bien pouvoir se nourrir Godzilla par la suite ? Ah, on me dit que le deuxième volet est peut-être déjà prêt à passer en production... Peut-être qu'on en saura davantage sur les habitudes alimentaires ou de reproduction de la bête lors du deuxième reportage !

[Vidéo] Pethrol : "Blood Of The Unicorn" (Live)

Un petit aperçu de l'expérience Live du duo Pethrol pour "Blood Of The Unicorn".

21/05/2014

[EP] Mt Eden : "Walking On Air"

Artiste : Mt Eden
EP : Walking On Air
Sortie : 2013
Genres : Electro, Dubstep, IDM
Label : Ultra Records
♥♥♥
> Ecouter l'EP sur Youtube <

Il aura fallu un paquet d'années pour que le duo néo-zélandais de Mt Eden daigne éditer son fameux titre "Sierra Leone" sous forme d'un EP comprenant une version remixée par le groupe lui-même (un peu différente de la version originale initialement produite) et d'autres remixes par Ta-Ku, Araabmuzik et Tommie Sunshine & Live City. Autant dire que l'intérêt de cet EP était plutôt de marquer le coup en signant chez Ultra Records, l'intérêt musical étant plutôt limité, ce qui permettait (enfin !) une sortie officielle d'un titre qui avait largement permis au duo de producteurs de se faire connaître un peu partout dans le monde.

Mais il n'a pas fallu attendre bien longtemps pour qu'un nouvel EP soit lâché (un mois plus tard seulement), réservant cette fois plusieurs nouveautés. Avec une promo assurée par le titre "Airwalker" qui porte littéralement l'EP (ce morceau est une véritable perle !) et largué quelques semaines plus tôt, les néo-zélandais proposaient un recueil original, trois ans après "MEDS", tout de même.

Au programme, sept titres (disons plutôt six si on enlève l'intérêt de l'intro du titre "Airwalker") dont une version orchestrale de "Sierra Leone", preuve que cette production est loin d'être dissociée du nom Mt Eden. Pour le reste, rien de vraiment exceptionnel mais on reconnaît une certaine fraîcheur dans les sonorités ("Flipmode") et une légèreté dans l'approche Dubstep qui tranche littéralement avec ce que font des gens comme Skrillex ou encore Excision. Il faut dire qu'on n'est pas ici dans le même sous genre musical mais c'est au moins un point positif que de proposer autre chose que ce qui fait danser la plupart des foules, Mt Eden ayant toujours préféré un Dubstep planant et aérien mélangeant synthés et sonorités orchestrales sur des nappes beaucoup plus industrielles ("Drive"). Enfin, on notera la voix de Phoebe Ryan sur "Chasing", morceau où la voix de la demoiselle n'y est pas pour rien quant à son côté hypnotique., et "Lights Still On", qui clôture cet EP d'un souffle spectral porté par quelques notes de piano. C'en est presque dérangeant après les morceaux précédents plutôt colorés et enjoués, cette outro très spatiale nous plongeant dans une sorte de vide où un murmure d'opéra nous rappelle que l'espoir est toujours de mise (et qu'il y en aura sans doute un "après").

Un EP qui ne révolutionne pas le genre ni même la musique du duo de Mt Eden mais qui marque une nouvelle ère pour les néo-zélandais et apporte un peu de fraîcheur à leur travail. Le tout s'écoute d'une traite, sans aucun problème, au moins par curiosité, et nous fait littéralement voyager vers d'autres sphères, surtout grâce à un magistral "Airwalker" (qui s'écoute aussi en version Live) !

20/05/2014

[Vidéo] Die Antwoord : "PitBull Terrier"

C'est toujours une sorte d'évènement que la sortie d'un nouveau clip de Die Antwoord, les sud-africains ayant ce côté tellement what the fuck qu'on n'est jamais à l'abri d'une "étrangeté vidéo". Et ce "Pitbull Terrier" ne déroge pas à la règle : belle photographie, ambiances et maquillages toujours aussi dérangeants et un côté sanglant qui frise le supportable. Encore un ovni signé Ninja et Yo-Landi.

[Live Report] Wood Dust + Lòdz + Hord (Thunderbird Lounge 42 - Saint-Etienne)

Dernière date du Dark Light Tour pour Hord et Lòdz, accompagnés par Wood Dust : c'était samedi dernier, le 17 mai 2014 au Thunderbird Lounge 42 à Saint-Etienne. Une date (ou plutôt une nuit) qui restera sans doute dans les mémoires des gaillards des trois groupes présents, mais aussi dans les nôtres, invités aux festivités.

Direction Saint-Etienne, donc. Et un début de soirée mal emmanché, la faute à cette ville difficile d'accès, perdue au fin fond de la Loire. Une autoroute en travaux et voilà que le temps mis pour se rendre sur les lieux se voit multiplié par deux. Difficile d'arriver à 20h, comme prévu, et c'est avec un retard d'une heure que ma camarade et moi nous pointons devant l'entrée du Thunderbird Lounge. Heureusement, les artistes ont subi le même sort que nous et ont eux aussi accumulé un certain retard sur les balances, ce qui nous permettra de ne pas perdre une miette du show.

À l'intérieur, le bar est plutôt petit, l'entrée est de cinq euros pour trois groupes, ce qui est plus que raisonnable. Dans la salle, un écran géant diffuse en direct la rencontre A.S.S.E - Ajaccio (et on ne rigole pas avec le foot, en terre des Verts ! - victoire des locaux 3 à 1 au coup de sifflet final). La scène est au sous-sol et il y a fort à parier que les supporters venus boire leur bière devant le match n'ont que peu d'intérêt pour ce qui se déroulera sous leurs pieds quelques instants plus tard.

C'est Lòdz qui ouvre le bal dans une "cave" basse de plafond et à peine remplie. Je fais souvent allusion aux concerts "comme à la maison" dans de petites salles ou en comité restreint mais là, on atteint des sommets : une quinzaine de personnes, à tout casser, peut profiter du groupe lyonnais. Comme l'impression d'être gâtés. Le quatuor jouera dans une ambiance intimiste plusieurs morceaux de son album "Something In Us Died" avec une justesse remarquable. Le son est propre et les balances permettent de profiter de chaque instrument, la voix d'Eric reproduisant à quelques toutes petites choses près toute l'émotion disponible sur les versions studio. Le groupe se permettra d'ailleurs une très bonne reprise de "Change" de Deftones. C'est beau et on regrettera simplement qu'il n'y ait pas davantage de monde pour soutenir les lyonnais en terre "footballistiquement" hostile.


Juste le temps de prendre une pause, commander une bière et en boire quelques gorgées avant de redescendre et profiter de Hord, grosse découverte ce soir-là en ce qui me concerne, qui dégaine les sept cordes pour un métal progressif qui mérite toutes les éloges qu'on a déjà pu lui faire. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les nîmois débitent avec plaisir et amour de la musique. Tout comme Lòdz, la prestation est d'une grande qualité et on regrettera seulement le volume un peu fort qui ne permet pas aux instruments de pouvoir s'exprimer aussi bien qu'ils le pourraient (la faute aussi peut-être à l'acoustique de la salle). Il n'empêche que le talent est là et n'a rien à envier aux formations de référence principalement originiaires d'outre-Manche ou du Nord de l'Europe (pour ne pas les citer). Le jeu des deux voix est délectable - notamment parce que John et Hadrien évoluent dans deux styles diamétralement opposés qui se complètent pourtant très bien - et les lignes (basse/guitares/batterie) d'une épaisseur, d'une richesse et d'une technicité vraiment très fortes (chapeau bas pour monsieur Barnavol qui envoie du gros derrière les fûts). Et dire que ces gars-là feront la première partie de pointures comme Tesseract et Animals As Leaders dans quelques mois ! La grande classe. Il ne me reste plus qu'à me plonger dans la discographie du groupe qui, en plus d'être bon, possède une certaine chaleur humaine malgré la musique parfois sombre qu'il peut servir.


La clôture de cette soirée est réservée à Wood Dust, un groupe local qui est plutôt familier des salles de sa ville d'origine. On sent que les potes du groupe sont là pour soutenir le quintet qui a la tache difficile de passer après les deux pointures ayant ouvert le bal, surtout dans un tout autre registre musical. Après le Post-Rock métalo-coreux de Lòdz et le progressif bien technique de Hord, place au Néo-Métal. Là aussi, c'est une découverte. On sent chez Wood Dust une envie d'offrir à la fois des riffs gras et tranchés mais aussi cette volonté de proposer différentes textures et ambiances, notamment grâce à quelques intros bien travaillées. Gaëtan, au chant, profite d'une voix pouvant passer du hurlement bestial au chant beaucoup plus clair qui rappelle parfois Chester Bennington de chez Linkin Park ou d'autres têtes du genre Néo Métal qui a aujourd'hui un peu de mal à survivre. Le groupe proposera d'ailleurs lui aussi une reprise de Deftones (bien assurée !), mais avec "My Own Summer" cette fois. La prestation du set est bonne, bien calée, mais il manque ce petit quelque chose, ce liant, cette ligne directrice tenue et maîtrisée dans les compositions pour permettre véritablement au groupe de s'affirmer selon moi. Le potentiel est cependant bien là et il ne manque pas grand chose. On ne peut que leur souhaiter le meilleur pour le futur.

Vient alors l'heure de remballer mais surtout de profiter de l'instant, de cette fin de tournée pour Hord et Lòdz qui ont pris un pied certain lors de ces quelques dates "entre potes". L'ambiance est décontractée et à la déconne, l'alcool n'y est pas pour rien, et on prend une photo de "famille" pour la postérité. Une soirée toute particulière qui m'a permis de revoir, le temps d'un concert, Vincent (Lòdz) et Franck (ancien collègue de travail et guitariste de Wood Dust) dans le sens où l'institution #blanchard n'a pas failli à sa réputation et où la sympathie de tout ce petit monde nous a emmenés jusqu'au lever du soleil quelque part à la Croix Rousse à Lyon... Mais ça, c'est une autre histoire.

Crédit photo : Seb Wood Dust

Retrouvez les groupes sur Facebook, Bandcamp et SoundCloud :
Lòdz : Facebook, Bandcamp
Wood Dust : Facebook, SoundCloud

Un merci tout particulier à tous les membres des trois groupes pour cette super soirée, aux mecs de Lòdz et Hord pour cette nuit vraiment sympa et mémorable et à Fab pour son délicieux boeuf bourguignon du dimanche matin, ainsi qu'à Louise pour m'avoir accompagné dans cette folle aventure.

19/05/2014

[Album] We Came As Romans : "To Plant A Seed"

Artiste : We Came As Romans
Album : To Plant A Seed
Premier Album
Sortie : 2009
Genres : Post-Hardcore, Métalcore, Electronicore
Label : Equal Vision Records
Morceaux à écouter : To Plant A Seed, We Are The Reasons, Searching Seeking Reaching Always
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Grooveshark <

Ohhh, j'en vois certains faire la grimace ! "Comment a-t-il pu aimer ça ?" se demandent d'autres. C'est un fait, ce premier album de We Came As Romans m'a plu, et je dirais même volontiers qu'il me met la pêche. Alors, évidemment, ce genre de production est bourré d'éléments musicaux controversés et critiquables mais étrangement, c'est ce qui fait l'identité de l'album et ça fonctionne plutôt pas mal.

We Came As Romans fait partie de ces groupes que j'ai découverts il y a relativement peu de temps lorsque j'ai pris la peine de me pencher sur cette vague Métalcore tout droit venue des Etats-Unis. Certes, il y a bien quelques formations d'autres contrées qui tirent leur épingle du jeu, comme The Charm, The Fury aux Pays-Bas, mais il faut bien reconnaître qu'ils sont pour la plupart noyés dans cette immense déferlante de groupes distillant la même formule : de l'Electro pour être avec son temps (intro de "Broken Statues" par-exemple), des grosses guitares qui bourrinent et une double-pédale qui martèle (intro de "We Are The Reasons"), sans parler des incontournables jeux de voix claire et hurlée (sur tous les morceaux de cet album). Bref, un cocktail qui détonne mais qui est bien souvent critiqué pour son manque de recherche et son côté "attrape-minettes". Alors pourquoi ce genre de production a-t-elle pu me plaire ?

Parce que c'est un premier album et qu'il y a un petit je ne sais quoi qui me donne envie de chanter à gorge déployée tout en sautant sur place, surtout lors de gang vocals pas mal placés ("When We Are Dead !" repris sur la seconde moitié de "To Plant A Seed"). Je ne suis pourtant plus un adolescent pré-pubère... Le fait est que le fossé entre l'EP Dreams et ce To Plant A Seed est énorme, sur tous les plans. La production est évidemment à la hauteur de ce qu'on peut trouver ailleurs dans le même genre. Les guitares sont toutes deux audibles et facilement identifiables. Le jeu d'Eric Choi à la batterie est lui suffisamment riche et surprenant pour qu'on prenne la peine de s'attarder dessus, multipliant les roulements ça et là ou l'utilisation de ses cymbales splash. Enfin, les voix de Kyle et David sont quand à elles bien plus maîtrisées qu'auparavant, même si les fans de la première heure ont regretté de ne pas retrouver la "liberté" que prenaient celles-ci sur les titres de l'EP. Le fait est que David Stephens a très bien travaillé la sienne, offrant une constance retrouvée jusque dans les prestations Live du groupe, ce qui est loin d'être toujours le cas de Kyle Pavone justement. En bref, le travail musical est constatable et mérite d'être reconnu. On notera d'ailleurs que la majorité de ce travail repose sur les épaules du guitariste Joshua Moore qui écrit en grande partie les textes en plus de composer pour le groupe.

Il y a toutefois ces incontournables petits bémols présents dans toute production du même niveau. Tout d'abord cette voix claire, largement critiquée par les puritains du genre Métalcore, d'autant plus qu'ici, elle use de l'auto-tune à outrance pour des raisons pas toujours justifiables (le bridge de "Roads That Don't End And Views That Never Cease" est sans doute l'exemple le plus flagrant). On pourra ajouter à cela ces synthés parfois un peu trop Techno pour être pris au sérieux ou encore les thèmes abordés dans les textes, mais là c'est un sujet plus sensible. En effet, on pourra facilement reprocher au groupe de tomber dans le sucré positif, la bonne intention, parfois naïve. Mais il faut reconnaître que l'ensemble déborde de générosité et de positivité, chose qui est loin de courir les rues, notamment quand j'entends dire que la musique de ce genre de groupe est "violente" par des personnes écoutant du Rap où il est question d'aller tabasser son prochain ou de se plaindre de sa condition... Mais là, c'est un autre débat.

Tout ça pour dire que bien que cet album ne fasse pas l'unanimité et que je comprenne parfaitement qu'il ne puisse pas plaire à tout le monde, c'est exactement le genre de premier effort que j'aime écouter tout en reconnaissant ses nombreux défauts. Le genre de galette que je compare aisément au premier album d'A Skylit Drive : un truc d'adolescent qui arrive quand même à bien me mettre la patate.

16/05/2014

[Vidéo] Of Mice & Men : "Would You Still Be There"

Le dernier clip de Of Mice & Men pour "Would You Still Be There", un morceau qui a la particularité de laisser l'intégralité du chant au bassiste Aaron Pauley, laissant Austin Carlile bien en retrait (pour une fois !).

[Live Report] GlitchFest 2014 Lyon Metal & Hardcore Indoor Festival

Un bled à une dizaine de kilomètres de Lyon, une salle des fêtes, un nombre conséquent de groupes, un festival gratuit. Bienvenue au GlitchFest 2014, une soirée où Rémi Gallego aura une fois de plus prouvé qu'il est un génie des potards, mais aussi un troll sournois qui a de l'humour.

Direction la salle des fêtes de Chaponost cette fois, pour un festival de Métal (mais aussi Hardcore, Métalcore, Electronicore ou tout autre genre dans le même goût). Lourd programme pour une seule et même journée : début des festivités prévu à 14h30, autant dire qu'il faut être en forme pour se taper les onze heures de concert programmées, la fin du festoche étant annoncée pour 1h du matin. Et comme ce n'est pas mon cas, ou plus de mon âge (ahah...), nous n'arrivons sur place qu'à 20h.

La salle des fêtes de Chaponost n'est pas si mal placée, en bord de route, avec parking pour garer son moyen de locomotion. Car il ne faut pas se le cacher, la grande majorité des spectateurs viennent de Lyon et ce n'est sans doute pas Chaponost qui remplirait sa propre salle des fêtes. Il y a de l'espace devant l'entrée et, contrairement à ce que j'aurais pu penser, il n'y a pas masse de gens. Ce n'est que plus tard que j'ai appris que les places (gratuites) larguées sur le net étaient en nombre (très) limité : environ 500. Trop peu pour remplir la salle qui aurait facilement pu accueillir le double voire le triple de jeunes fous tatoués prêts à en découdre dans le pit symbolisé par un carré de parquet, sans doute l'endroit où l'on danse pour les mariages ou bals du coin habituellement. Ce même carré où il est formellement interdit de se promener avec un verre de bière (sans doute pour ne pas tacher le bois au sol !).

Bref, on est dans un lieu cosy, entre copains, pour se taper un concert "comme à la maison". Les artistes se promènent parmi la foule et assistent aux prestations des autres groupes. Difficile de ne pas remarquer Rémi Gallego, grâce à sa chevelure blonde, qui observe avec attention les gars d'Alea Jacta Est. La prestation est de bonne facture et envoie la sauce. Personnellement, je me suis rendu sur place sans connaître d'autres artistes que The Algorithm (que j'avais eu l'occasion de voir en ouverture d'Enter Shikari à la Cigale en janvier 2013) et Shoot The Girl First qui avait participé aux 10 ans des Emodays à Lyon. Autant dire que c'était donc l'occasion de découvrir de nouvelles formations pour moi... mais pas vraiment de nouvelles sensations. En effet, même si les différents groupes ont bien assuré leurs parties respectives, il faut bien admettre qu'on a eu droit à du bon Métal à la sauce Hardcore (pour voir large) qui fonctionne et qu'on a déjà plus ou moins vu ailleurs. Cependant je reconnais volontiers qu'Alea Jacta Est et Vera Cruz assurent leurs prestations : les voix sont justes, le son est bon et l'énergie se transmet, même si on reconnaîtra quelques passages un peu "mous" (comprenez du chant clair un peu mal venu) sur les dernières productions de Vera Cruz. Les deux groupes n'ont rien à envier à des références comme Hatebreed ou Do Or Die. C'est du bon !


Vient ensuite le tour de Shoot The Girl First, groupe qui n'avait pas beaucoup marqué ma mémoire lors des Emodays et j'ai tout de suite compris pourquoi. La musique du groupe n'est pas mauvaise mais s'inscrit directement dans un autre genre à mon sens. Un Electronicore/Transecore pêchu qui fricote avec l'Emo et le Deathcore (tout ça ?!). Le résultat me fait largement penser aux premières heures d'Asking Alexandria. Mais le plus dur est de passer après les deux groupes précédemment cités où les mosh parts étaient bien présentes, donnant à l'ensemble un côté dansant. Là, c'est autre chose, et la "fosse" s'est largement vidée pendant l'entracte. L'occasion d'aller échanger quelques mots avec Rémi, tout aussi captivé que nous par la prestation de Crystal qui a véritablement la cote auprès du public majoritairement masculin.


J'avais l'espoir, quelques semaines plus tôt, de voir se pointer le petit génie Mike Malyan derrière les fûts pour accompagner Rémi mais les Monuments (aucun lien avec le film de Georges Clooney) étaient malheureusement (mais heureusement pour eux) de tournée en Allemagne ce soir là. Rémi nous explique que ce soir, c'est avec Jean qu'il jouera, batteur de Uneven Structure, un groupe de Métal Progressif (pour ne pas dire Djent) basé sur Metz, aussi signé chez Basick Records. Jean explique qu'il a appris sept morceaux de Rémi, sur le tas, pour les dates passées en Russie. Il reconnaît aussi le talent certain de Mike pour suivre les productions de Rémi, parfois humainement injouables. Une discussion fort intéressante, quoique sans doute un peu lourde pour Rémi qui me reprochera de "parler beaucoup". Il faut avouer que l'alcool me rend prolixe et comme monsieur Gallego n'est pas du genre à s'exprimer en de longs discours, je suis obligé d'admettre que la discussion ait été pesante pour lui. Mais ça ne l'empêchera pas de se venger gentiment en profitant de mon état et de ma naïveté passagère. En effet, l'animal avait promis des chips pour son show quelques heures auparavant via les réseaux sociaux. La blague a vite tourné au trolling de rigueur lorsque, quelques secondes avant de nous quitter pour ses derniers réglages avant son passage sur scène, il m'a confirmé avoir pris avec lui un paquet de chips pour son passage... Il faut vraiment que je boive moins lors de soirées concert : ça m'évitera de croire tout et n'importe quoi !

Pendant ce temps, As They Burn est monté sur scène et entame sa partie. Là encore le son est propre, le show est maîtrisé de bout en bout et, étrangement, la salle s'est remplie à nouveau, preuve que le public choisit parfois ce qu'il a envie de voir. As They Burn, encore un groupe inconnu au bataillon pour moi mais sans nul doute une référence dans le genre sur le sol français. C'est puissant, épais, et ça communique bien. 


Voilà enfin le tour de Rémi. Il est déjà tard et comme l'avait précisé Jean, sept morceaux, c'est peu et ça passe vite. Mais le duo profite de son passage en clôture du festival pour se faire plaisir et nous faire plaisir. Rémi a passé ce qui ressemble à un pantalon de tissu style boubou africain (sans doute pour être encore plus à l'aise) et entame son show avec vigueur en tripotant toujours aussi frénétiquement ses potards. "Trojans" aura droit à un second passage en guise de rappel, Jean restant très concentré sur son jeu pendant que Rémi assure le spectacle avec ses mimiques et grimaces caractéristiques. Une chose est certaine : il est loin le temps où Rémi souffrait d'être encore peu connu sur le sol français et où il hésitait encore à se lâcher sur scène. Cette époque semble révolue car, en l'absence de Mike, c'est véritablement sur ses épaules que repose le show. Tout le monde est content, le duo le premier, et tout le monde quitte les lieux avec le sourire. Un seul hic : pas de chips !


Même si je n'ai pas assisté à l'intégralité de ce Glitchfest, je dois reconnaître que c'est une réussite. L'organisation a tenu le coup, la sécurité n'a vraiment pas été vache avec les spectateurs et tout s'est déroulé dans une ambiance bon enfant. Un festival qui mérite de perdurer même si il y a fort à parier qu'il sera victime de son succès si cela continue ainsi, risquant de perdre ce côté unique de proximité. C'était cool, c'était calme et on ne se marchait pas les uns sur les autres (loin de là même !) et quand c'est gratuit, on ne peut que s'incliner devant une telle générosité de la part des organisateurs. Un grand merci à eux pour cette belle journée/soirée.

Vous pouvez jeter un œil aux photos de la soirée par Fanny Ollivier via Facebook.
Tous les groupes du Glitchfest sur Facebook :
The Algorithm

Un merci tout particulier à Alex pour avoir fait le chauffeur.

12/05/2014

[Album] System Of A Down : "Steal This Album !"

Artiste : System Of A Down
Album : Steal This Album !
Troisième Album
Sortie : 2002
Genre : Métal Alternatif
Label : American / Columbia
Morceaux à écouter : Mr Jack, Highway Song, Thetawaves
♥♥♥
> Ecouter l'album sur Youtube <

Comme le temps passe ! Et en vieillissant, on se surprend parfois à devenir un vieux con... Parler de System Of A Down, c'est parler d'une époque. Cette même (glorieuse) époque de groupes qui ont plongé toute cette jeunesse née à la fin des années 1980 dans la vague du Métal et Néo Métal avec les Linkin Park, Deftones, Korn et autres formations et références du genre qui se sont aujourd'hui plus ou moins fourvoyées ou qui ont su au contraire bien évoluer. System Of A Down n'est plus (enfin, il paraît) et il n'aura pas fallu plus de deux albums au groupe pour devenir rapidement culte. Un groupe qui a marqué son genre et son époque (sa génération ?). Je m'enflamme peut-être un peu dirons certains. Il est vrai qu'on n'est pas aux mêmes niveaux de groupes comme les Floyds, les Doors ou encore Nirvana. Mais justement, c'était pas la même époque et ce début des années 2000 nous parle, à nous, futurs trentenaires, en cette moitié d'année 2014.

Vieux de plus de dix ans, ce troisième album traîne derrière lui un concept caché dans son titre : l'avènement de l'Internet illimité qui a lancé le début d'une ère de gratuité et de liberté pour la plupart des médias numériques. Recueillant des maquettes enregistrées pour l'album Toxicity et téléchargées en masse, le tout ayant fuité sur la toile, ce troisième effort n'en est pas vraiment un mais plutôt une sorte de prétexte à la commercialisation de ces titres qui auraient pu rester dans les placards (et disques durs) des membres du groupe. Réenregistrés (avec davantage de Malakian inside), ces seize morceaux ont donc permis au groupe de sortir un petit frère au très bon Toxicity, un tout petit peu plus d'un an après sa parution. Au programme, sensiblement la même chose, donc. Les thèmes sont les mêmes ou comparables et il en est de même pour les riffs/mélodies, tant et si bien qu'il est facile de faire le lien ou le rapprochement entre certains morceaux des deux albums. On retrouve les différentes recettes du groupe dans chaque titre, à savoir, pour certains, une première moitié souvent énergique et une seconde aux riffs plus marqués ainsi qu'un passage instrumental parfois accompagné d'un solo ("Highway Song", "Boom !"), pour d'autres une énergie propre au groupe, généralement portée par le chant mutant de Tankian ("Fuck The System", "Pictures").

Pas de quoi en faire une montagne, donc. Mais il y a malgré tout chez SOAD quelque chose qui force le respect : cette identité, que ce soit dans les voix, les riffs, le choix des instruments même, ou la batterie ultra carrée de Dolmayan, couplée à l'efficacité dans le travail de composition. Même si la plupart des morceaux ont du mal à atteindre les trois minutes sur la durée, il suffit d'une écoute pour garder la pièce en mémoire et l'identifier dès les premières secondes ensuite. Il y a bien un manque de prise de risque avec cet album (surtout pour les raisons énoncées plus haut) mais quelle joie ce fut de retrouver un nouvel opus du groupe si peu de temps après Toxicity !

Détail notable, le tournage du clip de "Boom !", réalisé par Michael Moore, à l'aide d'images prises lors de manifestations contre la guerre en Irak dans divers villes des Etats-Unis, le groupe ayant pris part aux cortèges. Avec ce clip, System Of A Down se fait véritablement le témoin d'une époque.

Un album qui aurait pu s'appeler "Toxicity 2". Rien de bien différent du premier du nom mais bon sang, c'est toujours autant un plaisir de se réécouter du SOAD !

09/05/2014

[Audio] Monuments : "I, The Creator"

Premier extrait du deuxième album de Monuments, "The Amanuensis", qui sortira prochainement.
"I, The Creator", dont on connaissait déjà la version instrumentale jouée par Browne, prend une toute autre dimension avec la voix de Chris Barretto ! Un morceau qui promet un album riche et bon !